Hook
Welcome back ! C'est bien sympa, mais bonjour le casse-tête. Je vais le dire franchement, le Brexit a fait plus de mal que de bien, et je pense qu'environ 60% des Britanniques sont d'accord avec cette affirmation. Donc la question est : que fait-on ? Nous pourrions en rester là, c'est assurément une option si les gens estiment que c'est là qu'il faut rester. Nous pourrions envisager une union douanière, regarder du côté du marché unique ou aller jusqu'au bout. Welcome back. Si les Britanniques veulent revenir et si le Premier ministre va en ce sens, je pense que c'est à la fois pour son pays et pour les Européens. Welcome back, c'est bien sympa, mais bonjour le casse-tête ! Oui, parce que si les Britanniques reviennent un jour, difficile d'imaginer qu'ils retrouvent leur ancien statut et bonjour le chemin de croix ! Avant le Brexit, Londres s'était construit une Europe à la carte : pas d'euro, on garde la livre, pas d'espace Schengen. On garde ses contrôles aux frontières. Dans la police et la justice, on choisit aussi les textes qui nous arrangent. Et surtout, il y avait le fameux rabais qu'avait négocié Margaret Thatcher. Une partie de la contribution britannique au budget européen revenait chaque année à Londres. C'était le fameux "I want my money back". Ce menu-là, personne sur le continent n'a envie de le resservir. Macron le dit à sa manière : on ne peut pas prendre dans l'Union ce qui nous arrange et laisser le reste. D'ailleurs, au sein de l'Union, les opinions publiques suivent. L'an dernier, une majorité de Français, d'Allemands et d'Espagnols voulaient que les Britanniques reviennent, mais en participant cette fois à toutes les grandes politiques communes. Le vrai prix pour Londres en cas de retour, ce serait vraiment cette fin du rabais. Sans rabais, le Royaume-Uni redeviendrait l'un des plus gros contributeurs nets du budget européen. Il y a par exemple le modèle norvégien : Londres rejoindrait l'Espace économique européen (EEE), donc retour dans le marché unique, avec un gain potentiel estimé à 2 à 3 % du PIB, selon un think tank britannique. Mais pour ça, il faut accepter la libre circulation des Européens. Autre option : le modèle suisse, avec un accès très large au marché européen. Mais en échange, il faut s'aligner sur certaines règles de Bruxelles et mettre la main à la poche. Troisième piste : une forme de membre associé, une relation beaucoup plus étroite avec l'Union européenne sans redevenir membre à part entière. Un peu comme ce que Bruxelles propose en ce moment au Canada. Bref, welcome back ! Mais reste à savoir par quelle porte.
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