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C'est censé être un fleuron du réarmement français, pourtant les forges de Tarbes sont dans la tourmente. Que se passe-t-il aux Forges de Tarbes ? Selon les informations de BFM Business, la situation serait "cauchemarlesque" dans cette usine, la seule en France à fabriquer des corps d'obus indispensables à des canons de l'artillerie de l'armée de Terre. D'après les informations que nous avons recueillies, la production a été complètement arrêtée de mi-août à mi-septembre, notamment à cause de pannes à répétition. Et les salariés s'inquiètent. "On ne reçoit aucune matière première depuis mars. On travaille au compte-goutte, on n'a aucune visibilité." Inquiétude d'autant plus forte que les derniers salaires ont été versés de plus en plus tard. En fait, depuis 2021, Les Forges de Tarbes sont détenues par Europlasma, un groupe spécialisé dans la reprise d'usines en difficulté comme Valdunes ou Fonderie de Bretagne, récemment placée en redressement judiciaire. Et sur le papier, l'ambition était grande. Avec la hausse des commandes européennes d'obus, Europlasma a annoncé fin 2025 vouloir produire jusqu'à 150.000 corps d'obus d'ici 2028 sur le site de Tarbes. Mais les chiffres annoncés publiquement ne reflètent pas du tout la réalité. "On sent qu'on arrive au bout du bout, il y a un décalage énorme entre les carnets de commandes annoncés publiquement et ce qui sort réellement." En avril, Europlasma a même annoncé entrer en négociations exclusives avec un "investisseur français", pour lui céder ses activités liées à la défense. Puis, en juin, le groupe a reconnu des tensions de trésorerie avec une perte nette qui s'est creusée en 2025 à 35,6 millions d'euros malgré un chiffre d'affaires de 70,4 millions d'euros en hausse de 65,9% sur un an. Une dynamique négative qui s'est donc concrétisée cet été avec la mise à l'arrêt de la production, faisant planer une ombre sur l'avenir des salariés des Forges de Tarbes. "Europlasma, c'est une coquille vide pour l'instant, c'est catastrophique. On se sent totalement abandonnés. On n'a pas de confiance, on est déçu par les gens qui nous dirigent." A tout cela s'ajoutent des versements de rémunérations exceptionnelles de 150.000 euros à deux administrateurs du groupe. De quoi renforcer la défiance des salariés. Et la situation se traduit par ailleurs par un manque d'investissement dans l'usine. "On est dans une usine où le matériel est en bout de vie, c'est très compliqué de faire fonctionner les machines. On se débrouille alors qu'on est soi-disant une usine stratégique." Contactés, les Forges de Tarbes et Europlasma n'ont pas souhaité commenter notre enquête.